Sur les chemins de l'ivresse ......
Encore un pas .... ferme les yeux .... tu sens un voile de parfum t'envelopper ....tu n'oses bouger de peur de perdre cette exquise sensation .... il fait chaud , les abeilles bourdonnent , le vent léger te caresse .... tu es au paradis ....
Le robinier , appelé communément acacia en France, est un arbre de la famille des Fabacées ou légumineuses. Il fait partie de la sous-famille des papilionoidées. C'est à dire qu'on retrouve le même type de fleur particulière que chez les pois, les genêts ou le cytise .
Le nom "robinier " vient des frères Robins, jardiniers du roi, qui ont introduit le premier robinier en Europe en 1601. .Le nom du genre a été dédié par Linné à Jean Robin, 1550-1629, botaniste du roi de France Henri IV, qui introduisit cet arbre en France, et à son fils Vespasien Robin. Le premier individu planté place Dauphine à Paris en 1601 est toujours visible au Jardin des Plantes où il fut transplanté par la suite. Le nom d'espèce pseudacacia rappelle sa première classification, erronée, dans le genre Acacia.
La symbolique du Robinier se confond avec celle de l’acacia ; symbole solaire et d’immortalité par son bois dur et presque imputrescible et ses fleurs blanches Très présent dans la tradition judéo-chrétienne (l’arche d’alliance était en bois d’acacia recouvert d’or, la couronne du christ aurait été tressée avec des branches d’acacia et cet arbre était associé à la légende du bâtisseur de Jérusalem dans la symbolique maçonnique.)
Ses fleurs odorantes sont à la source de l'un des miels de printemps les plus réputés -le miel d'acacia- un miel liquide à la belle couleur d'ambre clair.Beutler et Schontag (1944) indiquent qu’une fleur de robinier peut sécréter quotidiennement 2 mg d’un nectar très riche en sucres (50 %). Son importante et excellente sécrétion nectarifère en fait une des principales ressources printanières pour les colonies d’abeilles .
Le poète s'en va dans les champs ; il admire,
Il adore ; il écoute en lui-même une lyre ;
Et le voyant venir, les fleurs, toutes les fleurs,
Celles qui des rubis font pâlir les couleurs,
Celles qui des paons même éclipseraient les queues,
Les petites fleurs d'or, les petites fleurs bleues,
Prennent, pour l'accueillir agitant leurs bouquets,
De petits airs penchés ou de grands airs coquets,
Et, familièrement, car cela sied aux belles :
- Tiens ! c'est notre amoureux qui passe ! disent-elles.
Et, pleins de jour et d'ombre et de confuses voix,
Les grands arbres profonds qui vivent dans les bois,
Tous ces vieillards, les ifs, les tilleuls, les érables,
Les saules tout ridés, les chênes vénérables,
L'orme au branchage noir, de mousse appesanti,
Comme les ulémas quand paraît le muphti,
Lui font de grands saluts et courbent jusqu'à terre
Leurs têtes de feuillée et leurs barbes de lierre,
Contemplent de son front la sereine lueur,
Et murmurent tout bas : C'est lui ! c'est le rêveur !
Victor Hugo ( 1802 - 1885 )