Déterminés à gagner .....

Publié le par Erato

Que voyez-vous?

de la féraille rouillée?

un rebus de vieilles choses inutiles ?

un abandon ?

 

Non ! l'oeil est vif, attentif

les oreilles droites

le regard pointe à l'horizon

ils trépignent d'impatience

ils vont gagner!

 

 

 

 

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Volez, nobles coursiers, franchissez la distance !
Pour le prix disputé, luttez avec constance !
Sous un soleil de feu, le sol est éclatant ;
Pour vous voir aujourd'hui, tout est bruit et lumière ;
Ainsi qu'un flot d'encens, la légère poussière,
Devant vos pas, s'envole au but qui vous attend.
Que l'air rapide et vif, soulevant vos poitrines,
S'échappe palpitant de vos larges narines !
Laissez sous l'éperon votre flanc s'entr'ouvrir...
Volez, nobles coursiers, dussiez-vous en mourir !

Au milieu des bravos, votre course s'achève ;
Le silence revient — puis, je pense et je rêve...
Notre vie est l'arène où se hâtent nos pas ;
Nous volons vers le but que l'on ne connaît pas.
Fatigués, épuisés, prêts à tomber, qu'importe !
Nous marchons à grands pas, le torrent nous emporte.
Oubliant le passé, repoussant le présent,
Nos regards inquiets se portent en avant ;
Rien n'est beau que plus loin... et notre flanc palpite,
Sous l'éperon caché qui nous dit : « Marche vite ! »
Nous marchons. — Quelquefois, à travers les déserts,
Une oasis répand ses parfums dans les airs,
Un doux chant retentit sur le bord de la route :

L'oasis, on la fuit ; le chant, nul ne l'écoute.
Sans garder du chemin regret ou souvenir,
D'un avide regard, on cherche l'avenir ;
L'avenir, c'est le but ! l'avenir, c'est la vie !
Bientôt, à notre gré, la distance est franchie ;
Haletants de la course, épuisés de l'effort,
Nous touchons l'avenir... L'avenir, c'est la mort !
......


Chut ! voici le signal, franchissez la distance.
Volez, nobles coursiers, luttez avec constance !
Sous un soleil de feu, le sol est éclatant ;
Pour vous voir aujourd'hui, tout est bruit et lumière ;
Ainsi qu'un flot d'encens, la légère poussière,
Devant vos pas, s'envole au but qui vous attend.
Que l'air rapide et vif, soulevant vos poitrines,
S'échappe palpitant de vos larges narines !
Laissez sous l'éperon votre flanc s'entr'ouvrir...
Volez, nobles coursiers, dussiez-vous en mourir !
 


                                      Sophie  d 'Arbouville  ( 1810 - 1850 )

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Publié dans ETAT D¨' ÂME

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A
<br /> <br /> Je me suis d'abord laissée illusionner par les visages de ces chevaux fougueux dirigés vers un but commun. Le but ne devrait pas être de gagner mais de participer. Quel bel ensemble !<br /> <br /> <br /> Et une image fort à propos pour ilustrer le poème.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> quel bel attelage....<br /> <br /> <br /> bisous<br /> <br /> <br /> patricia<br /> <br /> <br /> <br />
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Q
<br /> <br /> J'adore !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  Voir au-delà du visible, et rêver. Merci pour ce rêve là !<br /> <br /> <br /> Passe une belle journée, Andrée.<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Très beau texte, j'adore ces belles têtes de chevaux très expressives<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
N
<br /> <br /> Très beau texte qui accompagnent ces vaillants coursiers.<br /> <br /> <br /> À bientôt.<br /> <br /> <br /> <br />
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